Montréal, le 24 mars 2020,

Le gouvernement du Québec annonçait hier que le Québec serait en pause à partir de ce soir minuit. Cependant, certains services ont été déclarés essentiels par le gouvernement en raison de la nature de leur travail et de leur rôle dans la bataille que nous menons tous contre ce virus.

Il est à noter cependant que fermeture physique ou non des bureaux n’est pas synonyme d’un arrêt de travail. Pour les entreprises encore en retard, le télé-travail ou travail à distance se met en place à une vitesse vertigineuse.

Parmi les services essentiels, qui ont la possibilité de demeurer ouverts, on retrouve les services de maintenance, d’entretien d’édifices et plus particulièrement l’entretien ménager et les firmes reliées à la maintenance des édifices.
Si l’entretien ménager se passe d’explication lors de crises sanitaires, qu’en est-il du gestionnaire d’immeuble? Doit-il se limiter à gérer à distance son immeuble ou peut-il se déplacer à l’immeuble et effectuer sa gestion sur place, notamment en regard des nombreux défis dans lesquels se retrouve son immeuble?

Nous sommes d’opinion que le gestionnaire peut continuer, du moins jusqu’à nouvel ordre, sa gestion « ordinaire » de son immeuble incluant une présence à l’immeuble.

En effet, non seulement le gestionnaire estune firme reliée à la maintenance des édifices, mais il a un rôle crucial dans la façon dont l’immeuble va traverser cette crise.

C’est lui qui va gérer les employés ou différents fournisseurs de l’immeuble pour ce qui est essentiel. C’est notamment lui avec l’approbation du conseil qui va définir les cadres des programmes spéciaux d’entretien et de désinfection de l’immeuble nécessaire, mettre sur pied des règles et directives sur l’accès à l’immeuble, sur les comportements exigés des copropriétaires et visiteurs de l’immeuble, sur la gestion des copropriétaires contaminés, sur la gestion financière de cette crise imprévue et son impact sur le budget serré de la copropriété, sur la gestion des travaux à venir.
Mais avant tout c’est aussi lui le premier conseiller du conseil d’administration souvent composé d’administrateurs bénévoles élus faute de volontaire qui ne sont pas équipés pour faire face à ce genre de crise sans précédent.

Le gestionnaire dont l’assiette est déjà bien pleine devra donc en plus rajouter à son assiette un soutien accru de gestion de crise, d’écoute et d’ingéniosité pour rassurer son conseil d’administration et ses copropriétaires.

Alors un service essentiel? Poser la question c’est y répondre.

Me Marie-Cécile Bodéüs, avocate associée chez DE GRANDPRÉ JOLICOEUR